"Rencontre" avec Emile Gallé

et les orchidées

C'est après mon départ de Lorraine fin 1983 que je m'intéresse à l'oeuvre d'Emile Gallé ; et alors quel choc au Musée de l'Ecole de Nancy (Meurthe-et-Moselle) lorsque je découvre ces trésors  en pate de verre !

Flortilège

 J'ai longtemps cherché et recherché la transparence de Gallé. Au début de mon parcours artistique je pratique l'aquarelle. Sans l'avoir apprise - je suis autodidacte - je suis à l'aise avec la délicatesse et la douceur de cette technique que l'on dit être la technique picturale la plus difficile à maîtriser. Je ne rencontre aucune difficulté "cela se fait tout seul" j'aime surtout travailler la technique sur mouillé. Le geste doit être rapide, sûr, osé.  La retouche et l'erreur n'ont pas de place dans cet univers, j'aime cette nécessité impérieuse. J'aime cette luminosité si particulière de l'aquarelle. En permanence, je baigne dans l'univers de la transparence. Puis je travaille l'acrylique aquarellée, le vernis, l'encre. J'ai ensuite une période plus matière où je vais confronter l'alchimie de la matière avec des matériaux divers, l'alchimie de la couleur, la transparence et la lumière.    

Cette rencontre d'Emile Gallé coïncide avec la découverte des orchidées, ces fleurs étonnantes, fascinantes, à la beauté mystérieuse. En 1988 j'exécute une première série d'aquarelles où je joue avec ces fleurs papillons libellules, où je raconte des histoires d'orchidées. La photo ci-dessous illustre ce propos - dommage, elle n'est pas d'excellente qualité et comme cette pièce a été vendue, je ne peux faire mieux -

       

La déclaration

En 1990, je réalise une autre serie. Une amie m'offre l' ouvrage magnifique de Takashi Kijima "Orchidées démons et merveilles" qui m'inspire et me guide.. douze créations naissent.. je les dessine, je les peins, elles me narguent, elles sont très belles  de cette beauté presque vénéneuse.. je les dessine et mon travail ne me satisfait pas pleinement, elles sont trop semblables à mon goût bien que je les présente en portrait sur un format 50x65, ce qui à ma connaissance ne s'est jamais fait en art ; les orchidées sont habituellement représentées délicates et fines, elles n'ont jamais  une telle envergure sur une toile !

Je me souviens m'être amusée à peindre une "Brassavola digbyana". Cette fleur se livre au monde impudique, exhibant sans vergogne un sexe d'homme dressé et un sexe de femme ouvert - Dame Nature fait l'oeil coquin -  Je ris beaucoup quand une amie me dit alors que nous regardons la série : "tu ne vas pas oser l'exposer celle-là ?"...  c'est sûr par sa particularité, ce qu'elle évoque, "Parente de Brassavola Digbyana" a sa place à l'exposition et est exposée. 

Parente de Brassavola Digbyana

 Dans cette série, je travaille le graphisme, la composition, la couleur mais il manque quelque chose, je ne les trouve pas assez riches en matière.

Les clowns odontoglossum grande   

En 1991, j'entreprends une autre série d'orchidées sur d'autres formats, d'autres supports, et celles-ci je les reconnais, elles sont bien de la veine de ma peinture d'alors...

Orchidées du monde

Vitrail aux orchidées

 En 1999 je rencontre Rafael Baile et la danse biodynamique. Depuis X années déjà, je suis en chemin.. ma recherche intérieure, ma quête spirituelle et le travail que propose Rafael, contribuent à mon évolution et favorisent le changement dans ma vie. Je découvre aussi les vertus du son et du chant harmonique avec Véronique et Denis Fargeot et d'expérience en expérience la transformation opère dans ma vie, dans mon corps, dans mon esprit..  je transforme, j'allège, j'épure..

 En 2001, je reprends la série des orchidées, il y en a 12, elles deviennent danse et lumière.. 

Tout comme les autres fleurs "Parente de Brassavola Digbyana" fut transformée, elle est devenue :

                 

Luminescence

Les "clowns odontoglossum grande" deviennent ces Fleurs libellules

              

 De plus en plus je me confronte à la matière, je joue avec, je pétris, je malaxe, je mélange, j'ajoute, je colle, j'extrais, je gratte, je griffe, je lisse, je caresse... et j'y invite la transparence, je la retrouve dans la matière.

C'est ce que je veux exprimer la transparence dans la matière..

            

                                                  A fleur de verre ou Hommage à E. Gallé